Mise en scène
« À quelques exceptions notables près, mes pièces baignent dans une atmosphère trouble, parfois angoissante, qui offre un contrepoint appuyé avec le ton de la fable grinçante et cocasse.
Chair amour se présente comme un exemple caractéristique de cette manière. Je crois avoir réussi ce précipité chimique fait de cruauté et de cocasserie…
Il serait vain de chercher du réalisme. La vérité du vécu n'arien à voir avec la distorsion qu'impose un conte baroque et quelque peu fantasmagorique. Il revient aux acteurs de se mouvoir naturellement dans cette atmosphère non réaliste dans laquelle il faut néanmoins se plonger avec conviction et évidence.
Dans ce cas, le décor n’est que l'évocation d'un lieu inquiétant et confiné, piège où se meuvent ces fous qui seront, après tout, des êtres humains ».
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« Baroque, artificiel assumé, parfois grotesque, expressionniste et fabuleux, ainsi peut être défini le climat qui enveloppe le conte cruel intitulé Chair amour.
Si les acteurs, par leur travail, réussissent à franchir les barrières du réalisme, à se mettre au service d'une grandiloquence un peu fantasmagorique, alors on arrive à une grande violence, à une énorme cocasserie dont les comédiens doivent être les victimes, si l'on peut dire. Le trait forcé apparaît naturel. C'est - sans qu'ils donnent l'impression de le savoir - le tourbillon ravageur qu'ils engendrent qui est primordial.
Le décor n'offre aucune plage de repos. On ne s'assoit pas. Avec fluidité, on paraît, comme dans une image en surimpression.
La scénographie est suggestive. La lumière souvent glauque souligne le caractère haletant de cette parabole à la fois tragique et farcesque ».
Victor Haïm. janvier 2006

